Art'moureusement vôtre

Textes, photos, dessins et autres réalisations : Vanina et Jean-François ont plaisir à les partager avec vous.

14 mai 2008

Joyeuses Pâques mon lapin ! - par V

Je me souviens, enfant, j’aimais feuilleter, regarder, lire des livres dans la bibliothèque chez mes grands-parents. Un livre en particulier me captivait avec ses récits romanesques et ses gravures à l’eau forte : un livre d’histoire. J’y ai appris comment le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen découvrit, au XVIIIe siècle, une île aux statues monumentales, le jour de Pâques - ce qui lui vaut aujourd’hui son nom-, comment il découvrit aussi les lapins de l’île, appelés plus communément lapins de Pâques.
En utilisant le nom de la fête du jour, Jakob avait pensé éviter de reproduire l’erreur de Christophe Colomb avec son célèbre « cochon d’Inde » celui bien sûr du continent américain…
Ceci dit, j’étais fascinée par le lapin de l’île de Pâques qui a des caractéristiques très particulières : c’est un mammifère ovipare, tout comme l’ornithorynque, avec un corps en forme de cloche. Intelligent, ce lapin possède la capacité de se tenir debout, certains disent même qu’ils l’ont vu voler. Pacifique tout comme l’océan dans lequel il vit, le lapin de Pâques offre ses œufs. Sur tous les membres d’équipage de Jakob, seuls trois virent les fameux lapins, c’est pourquoi les autres explorateurs et bon nombre de naturalistes européens croient à une plaisanterie ; ceci explique qu’on en parla et qu’on en parle si peu.
On en parle d’autant moins que la tentative d’importation de l’animal apparemment échoua… Le seul jour où le lapin est (supposé être) visible sur le territoire européen c’est … le jour de Pâques. Et encore, il n’est visible que pour une faible partie de la population. Seules les personnes « médium » qui voient les êtres essentiels : elfes, gnomes, lutins et autres farfadets peuvent les voir.
Aujourd’hui, tout comme les enfants anglo-saxons attendent la grande citrouille la nuit d’halloween, il n’est par rare qu’un enfant latin tente d’apercevoir le jour dit, les lapins de Pâques … qui dans leur grande générosité continue d’offrir leurs œufs.

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06 mai 2008

La fierté - par V

Fierté et self-contrôle, on le sait, sont l’apanage des anglais !
Tu n’es plus sur cette terre TiMam mais avec ces quelques mots tu seras là pour toujours.

1940 – Besançon, en France, camps d’internement, plus exactement « d’affemement », de femmes et donc d’enfants. Dans ce camp, un grand nombre de Britanniques. Effectivement, en cette sombre période de notre histoire, être anglais en France, c’est forcément être résistant.
Dans la cour, les soldats viennent d’arriver avec un camion rempli de nourriture : des biscuits. Les femmes s’approchent, c’est la cohue, s’amusant du spectacle les militaires décident d’augmenter la confusion : ils ouvrent les boîtes et répandent volontairement les gâteaux dans la neige souillée. C’est la bousculade, la foire d’empoigne : c’est l’horreur… Mais quel spectacle pour les tortionnaires qui n’en finissent pas de rigoler ! Plusieurs jours après, un nouveau repas, même tableau : le camion dans la neige, les boîtes ouvertes, les gâteaux jetés au sol…

Et là tout bascule. Fini l’humiliation ! Les femmes britanniques se donnent la main et forment un cordon humain pour empêcher le passage des autres prisonnières et de leurs enfants. Quelques ladies en haillons, du bon côté du cordon, récupèrent les boîtes, et les remplissent en ramassant tous les biscuits répandus au sol. Cette action terminée, elles distribuent équitablement des rations sans que personne ne soit oublié.
A partir de ce jour, les Allemands ne riaient plus, ils se contentaient de déposer les boîtes…

C’est peut-être ridicule, mais moi, je suis fière que dans mes veines de Française coule un peu de ce sang anglais !

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02 mai 2008

Sourire - VaninAOC - par V

Un sourire, en quelques lettres, devenu contagieux ! Ma plus belle réussite sur le net...

Un cadeau, du fond du cœur, un signe sensible de sympathie, qui enrichit celui qui le reçoit, et ne coûte rien à celui qui le donne.
Tout le monde en a besoin, tout le monde peut en donner : il abolit toute frontière.
Un sourire,
. . . un sourire juste pour le plaisir.

Un signe, un bonheur, le repos de l’âme.
Il est le début et la fin du voyage, il est aussi le voyage, il fait le tour de la planète bleue et peut même aller bien au-delà...
Un sourire,
. . . un sourire et le temps suspend son vol.

Il est contagieux, il donne du courage, sa valeur est incalculable.
Une lettre à cœur ouvert, pour qui sait lire, c’est si peu et c’est beaucoup, pour qui sait se souvenir c’est si peu et pourtant tout !
Un sourire,
. . . un sourire est parfois éternel.

Une douce fleur printanière à offrir, un bouquet magnifique à cueillir, il chasse l’hiver pour faire renaître le printemps au cœur de l’homme.
Il résiste aux vents, met des arcs-en-ciel aux yeux sous le plus fort orage.
Un sourire,
. . . un sourire rend l’instant vivant.

Un rubis qui accompagne or et argent, toujours présent entre silence et mots.
Il protège, et permet d’affronter toutes les vérités.
Un sourire,
. . . un sourire que l’on donne sans attendre en retour.

Un sourire : juste un don de soi.

Donne-moi un sourire, peu importe qu’il soit heureux, triste, féroce, superbe voire héroïque... mon imagination fera le reste.


V_sourire_web


Déjà publiée, une ‘tite poésie : « Sourire ».

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29 avril 2008

L’une e(s)t l’autre - par V

Elle réfléchit.

Devant le miroir embué de sa salle de bain, elle pense.
Elle vient de sortir de son bain, trop chaud. Elle y avait mis un peu d’huiles essentielles apaisantes qui avaient libéré une douce senteur.
Hier déjà, elle s’est demandée :
« Que porter pour notre soirée ? Une robe noire au décolleté plongeant ? Avec un ras du cou en or, ou … un collier de perles ? Un léger maquillage pour rehausser mes pommettes et me donner un teint un peu moins pâle ? »
D’une nature simple, le seul fait de devoir « paraître » la paralyse.
Elle esquisse quelques mouvements devant son miroir de brume. Elle s’imagine portant sa robe noire. Elle relève ses cheveux longs et fait le geste de mettre un ras du cou. Une chorégraphie privée se joue entre elle et elle…
Puis, machinalement elle attrape son sèche-cheveux pour désembuer le miroir.
La vitre désormais impeccable reflète son visage.
Elle observe ses yeux dont les pattes d’oies trahissent les années qui passent.
Elle se regarde dans le miroir.
Elle regarde le miroir…

Il réfléchit.

Texte écrit pour l'appel "Jumeaux et doubles" de Fanes de carottes. Vous pouvez aussi me lire ici.

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26 avril 2008

Le défi du samedi : Les 3 lettres - par V

Ce samedi, je rentrais de faire quelques courses pour recevoir des amis le soir même. Dans le hall de mon immeuble, je passais devant les boîtes aux lettres. Comme il m’arrive de le faire occasionnellement, je prenais le temps de retirer mon courrier.
Par habitude sans doute, je ne prends jamais mon courrier lorsque je sors de l’immeuble ; à quoi bon m’en encombrer ! Du fait de la disposition des lieux, si j’utilise ma voiture, ce qui est le cas le plus fréquent, je prends l’ascenseur pour me rendre au garage et je ne passe pas devant les boîtes aux lettres.
Ce jour-là donc, je décidais de lever mon courrier.
A part des pubs et quelques factures, recevoir des lettres est de plus en plus rare dans notre société de téléphonie et de messageries électroniques.
Mais là, j’avais un brelan !
- Une lettre de mon percepteur : pas de doute, il acceptait ma demande d’échelonnement. Pas besoin d’ouvrir l’enveloppe, c’était acquis.
- Une de mon médecin : une confirmation écrite du diagnostic oral fait lors de mes dernières radios … rien de nouveau. Je ne voyais pas ce que cela pouvait être d’autre.
- Et une troisième anonyme « extérieurement ». Sur l’enveloppe tramée, un peu épaisse, l’écriture manuscrite était élégante et déliée et la personne avait pris le soin de mettre un joli timbre de collection.
Je me réjouissais à l’avance du contenu de cette lettre d’un autre âge : tout allait bien.
Si récupérer mon courrier n’a rien d’urgent, l’ouvrir l’est encore moins !
J’aime prendre mon temps, pour ouvrir, pour lire, d’ailleurs je ne déchire pas les enveloppes, j’utilise toujours un coupe papier ou un ouvre lettre ; je ne suis pas apertopapyrophile pour autant.
Une fois à l’appart., je déposais les lettres sur mon bureau. Puis, je vaquais à mes préparatifs pour la soirée.
Lorsque ma première invitée arriva, je n’avais toujours pas ouvert les enveloppes.
Ce n’est pas grave, pensais-je en apercevant le courrier sur le bureau : je l’ouvrirai demain … ou plus tard !

Pour voir les textes des autres participants, c'est là.

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24 avril 2008

Talents cachés - par V

Quoi qu'elle me fasse, je sourirai à la vie,
Je ne désarmerai pas, même si c'est folie.

A noter, parmi mes nombreux talents cachés :
J’ai été femme battue et même violée.
J’ai pris un amant, mais saurais-je encore aimer ?
J’ai été mauvais père : j’en suis désolée.
J’ai parfois souhaiter mourir : me suicider ?

Et même si pour moi cela n’était pas vrai,
Il y a quelque part quelqu’un pour qui ça l’est.

A toi ma sœur de galère
Que la vie n’a pas épargnée,
Tu sais, je ne te juge pas.
Arrête enfin de te taire,
Prends maintenant le temps de crier.
J’entends tes maux, j’attends ta voix.

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21 avril 2008

Mes doigts sur lui - par V

J’ai envie de dire qu’il prend corps, que sa peau sous mes doigts prend forme, j’ébauche là une courbe, j’esquisse là une droite.
Mon corps se penche, je me concentre, me mord la lèvre inférieure, puis y passe ma langue, je souris. Un frisson me parcourt.
Mes mains caressent, cherchent, et petit à petit, je sens naître l’envie, je sens se mobiliser les énergies.
Toute la matité de sa peau se révèle lorsque brille cette tache de rouge.
L’amour prend vie…
Les gestes se précipitent.
L’accomplissement se conclut dans un jaillissement. Comme toujours, je doute de moi, mais l’acte est achevé.

L’expo approche, ouf, encore un collage terminé.

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12 avril 2008

Le défi du samedi : Secret d'enfants

Le pacte…
-ou Pauvre Guillemette- par V


C’est la fin des vacances, Lancelot et Guillemette, inséparables depuis quinze jours, sont dans leur cabane de branchages, à l’abri des adultes indiscrets.

- Bientôt je vais rentrer dans ma maison à Paris, annonce Lancelot.
- On ne va plus se voir !? s’inquiète Guillemette.
- Peut-être l’été prochain, si tu reviens ? Moi je viens tous les ans, ici, à la ferme.
- Je ne sais pas… Mais si on ferait comme dans mon livre : un pacte de sang ?! Plus rien ne pourrait alors nous séparer, propose la petite fille les yeux brillants.
- J’ai entendu dire que partager un secret était le plus fort de tous les pactes, surenchérit le petit garçon.
- Plus fort que le mélange des sangs ?
- Voui…
- Alors si nous partagions un secret ?!... s’enthousiasme la fillette sans doute rassurée de ne pas avoir à se couper une veine.
- J’y ai beaucoup réfléchi…, confie Lancelot d’un ton sérieux, presque mystérieux, les sourcils froncés.
Puis, il enchaîne dans un souffle : « Quand je serai grand … j’épouserai ma Maman ! »


Pour voir les défis des autres participants, c'est
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09 avril 2008

L'apnée juvénile - par V

Juvénile ou non, un moment d'apnée… passe une éternité.

Après une longue promenade sur les dunes, main dans la main, les doigts entremêlés, ils sont entrés dans la forêt. Là, il lui a fait face, il a dégagé son jeune visage en repoussant ses cheveux, qu'elle utilise volontiers pour se cacher. Puis, il a mis ses bras autour d'elle, et approché ses lèvres des siennes, les a ouverte, est entré : elle a laissé faire, c'était leur premier baiser, son coeur s'est mis à battre très fort. Elle aime l'embrasser, et éprouve un grand vide dès qu'il n'est plus contre elle.
Ils se sont enfoncés dans le sous-bois. Protégés par les chênes verts, ils se sont laissés glisser au sol, sur un doux tapis d'herbe et de feuilles. Il lui parle, lui parle beaucoup, et tout en lui parlant ses mains la caressent puis commencent à la dévêtir. Il relève son tee-shirt, ses doigts vont défaire son soutien-gorge, non sans difficulté, puis, il le relève, et caresse ses seins... Elle tremble, ni de froid, ni de plaisir mais de cette situation. Lorsqu'il embrasse ses seins, elle sent ses cheveux bouclés lui chatouiller le menton. Ses paroles l'anesthésient, il veut sans doute l'empêcher de penser, d'avoir peur. Elle se sent comme ivre, ou du moins est-ce l'idée qu'elle s'en fait. Elle le tient serré contre elle, et ce qui monte en elle lorsque doucement elle glisse ses mains sous sa chemise pour toucher sa peau, elle n'a toujours pas trouvé les mots pour l'exprimer…
Elle ne peut plus penser, elle ne peut plus respirer.

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07 avril 2008

Mort d’un amour - par JF

Si jeune, à peine le temps de s'épanouir
Que déjà notre amour vient de s'évanouir.
Il a traversé notre vie, il a fusé
Si vite, qu'il a plus fait souffrir qu'amusé.

Le pauvre, il venait tout juste de voir le jour.
Le temps de passer de l'amitié à l'amour,
De te faire la cour, de te déclarer ma flamme,
Que déjà tu l'as étouffé, cruelle femme !

Ainsi c'était donc cela son triste destin,
N'être qu'une journée, l'espace d'un matin.
Hélas, il ne me reste plus qu'à le pleurer
Puisque, entre nous deux, il n'a pu demeurer.

Moi qui lui promettais un si bel avenir,
Tant de sentiments, de beaux projets à venir,
Que tu ranges dans une boîte à souvenir.
Il ne me reste plus que sa tombe à fleurir.

Posté par ClairObscur à 19:24 - Prose et Poésie - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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