Art'moureusement vôtre

Textes, photos, dessins et autres réalisations : Vanina et Jean-François ont plaisir à les partager avec vous.

26 mars 2009

Antipodistes - par V

Tout le monde est enfin installé dans le petit cirque ambulant, sous la toile tendue du chapiteau.
Dans le cercle, à l’âme magique, le spectacle commence par l’entrée des clowns, suivie d’un numéro de trapèze qui ouvre le cœur au merveilleux. Plus tard, viennent les antipodistes.

Au bord de la piste, au premier rang, une jeune femme applaudit à tout rompre. Pour la remercier, les acrobates improvisent « un bis ».
Pendant une figure, le regard d’un des artistes croise celui de la jeune femme ; étincelle entre le savoir et l’ignorance de ce que peut le corps. Alors, les rythmes de l’acrobatie, les gestes souples et puissants s’exécutent en elle, à son idée, rêveuse et immobile.

Pour le salut final, tous les artistes reviennent en piste dans un splendide chamboule tout. Pendant qu’ils quittent la piste, la lumière se fait dans les gradins. Mille éclats brillent dans les yeux des spectateurs, mais la lumière se reflète plus encore sur les chromes du fauteuil roulant de cette jeune femme, qui installée au premier rang, avait si pleinement, apprécié la valeur de leur travail.

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19 juillet 2008

Mars la Rouge - par V

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Cette nouvelle (roman-photo) a été publiée tout au long de la semaine sur Fanes de carottes.

21 juillet 2007

De l’autre côté - par V

Je me suis enfermée dans cette maison isolée, vide et sombre, qui sent l'humidité. Les volets sont clos, je n’ai pas allumé les lumières. Personne ne sait que je suis là.
Mes yeux, doucement, s’habituent à la pénombre. Tous mes sens sont en éveil. Dans cette solitude voulue, dans ce presque noir, tout à coup j’entends quelque bruit derrière la porte. Mon isolement est rompu. Je tends l’oreille. Ma curiosité me pousse à aller voir en catimini… J’écarte doucement les doubles rideaux épais et rugueux. Je retire lentement, à tâtons, sans faire de bruit, la clef rouillée laissée dans la serrure. Je me penche et colle mon œil au trou. Je ne vois rien. Tout est noir. Je ferme les yeux, ils vont s’habituer au noir, ce n’est pas possible autrement… Je visse à nouveau mon œil ouvert à la serrure : rien, l’obscurité la plus absolue … mais encore un son : une voix ?
Je me redresse. L’espace de la pièce semble se réduire … les murs se rapprocher. Ma gorge se serre. J’éprouve du mal à respirer. Je suffoque. Je sens mes tempes prêtes à exploser. J’entends mon cœur battre. Je panique… J’ouvre la bouche … mais aucun son ne sort.

Prise d’angoisse, oppressée, j’ouvre la porte et je me précipite de l’autre côté…

Personne…

Soupir de soulagement, mon rythme cardiaque retrouve progressivement la normale.

Mes yeux, doucement, s’habituent à l’obscurité. Tous mes sens sont en éveil.
Je suis enfermée dans une maison, vide et sombre, qui sent l'humidité. Les volets sont clos, les lumières ne sont pas allumées. Personne ne sait, personne ne peut savoir que je suis là…



Appel à texte/fiction sur le thème « Un pas en arrière » : plus de renseignements sur le blog « Fanes de carottes ».

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26 juin 2007

Thé aux épices - par JF & V

tasse3bDans son pull rayé, il se tient bien droit, seul, tout en haut de son « enfer » blanc souligné de quelques lignes rouges. Il regarde le ressac de l’océan, les vagues qui s’écrasent au pied de son phare en haute mer. Il neige. Chaque flocon lui raconte un voyage extraordinaire.
L’hiver ne fait que commencer. La vieille lampe à pétrole empêche le gel de s’incruster. Bientôt, il le sait, dès qu’il aura pris sa retraite, le phare sera automatisé, déshumanisé…
Les yeux rivés à ses jumelles, il guette le sombre océan dans la nuit. Ses pensées vagabondent malgré sa vigilance, presque contre son gré. Les flots sont agités, pas encore menaçants mais prudence.
Près de lui, une tasse d’un précieux thé à la bergamote infuse. Son délicat parfum, au pouvoir magique excite son imaginaire. Peu à peu, ses ancêtres marins envahissent sa pensée. Il suit avec eux la route des Indes, traversée périlleuse de près de six mois dans les cas les plus favorables, avec un vaisseau bien caréné, solidement gréé, et si les vents ne sont pas contraires.
Il débarque sur une terre ocre, couleur épice, aux tons chauds, pays exotique illuminé d’un ciel crépusculaire. Il imagine cette terre d’Asie, ce monde aux milles senteurs, aux milles saveurs, que l’on découvre au rythme du pas réguliers des éléphants, dans des nacelles de bois juchées sur leur dos. Il hume l’air qui flotte sur ce continent fécond, la terre noyée de mousson.
Soudain, un bruit se fait entendre derrière lui et l’arrache brusquement à ses pensées aventureuses. L’horloge vient de délivrer son message : son coéquipier est prêt à prendre son quart.
La tasse est à moitié vide. Le thé, maintenant froid a perdu son mystère. La vie continue.

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30 mai 2007

7 heures du mat - par JF

Le réveil lance un hurlement strident. Michel se lève péniblement.

D’un pas chancelant, il se dirige vers la cuisine. D’une main tremblante, malhabile, il verse le café moulu dans le filtre de la cafetière. Il sucre tellement les fraises qu’il en renverse la moitié sur le carrelage. Il faut qu’il y arrive coûte que coûte... Sans sa tasse de café matinal, il ne vaut pas un clou.

Bon sang hier soir quelle cuite !

C’est un des rares moments où il se félicite d’être célibataire... S’il avait été marié... Qu’est ce que sa tendre moitié lui aurait passé. Il en rigole tout seul, du rire bien gras des lendemains de beuverie.

Reprenant soudain son sérieux, d’un geste machinal, il met sa main devant sa bouche, souffle dedans et analyse son haleine... Beurk... !!! Elle foudroierait un éléphant à dix mètres... Son fou rire le reprend... Qu’est ce qu’on est con quand on a bu... Hier pour revenir chez lui, il a roulé plein phare ! Comme ça il pensait pouvoir éviter les bas-côtés !

Le parfum du café frais le ramène à la réalité.

Michel ouvre le placard pour prendre un paquet de biscottes. En le sortant, il fait tomber une boîte de flocons d’avoine. Evidemment la boîte s’ouvre... Michel se penche pour la ramasser. ça lui rappelle quelle chose, mais quoi ? Il plisse son front comme si cela pouvait aider à se souvenir ou à suivre des idées... Renonçant à forcer ses neurones et à balayer le sol, il avale vite fait une tasse de café odorant après avoir grignoté une biscotte non beurrée car pour l’instant c’est trop risqué d’essayer d’étaler quoique ce soit sur ces machins qui explosent à la moindre contrariété.
Le liquide chaud lui donne un bon coup de fouet. Il se dirige vers la salle de bains. Il allume la radio pour écouter les dernières nouvelles. Il entre sous la douche et se frotte vigoureusement avec un gel douche citronné pour finir de se réveiller et arracher la fatigue de la veille au soir. Mais oui ... ça y est ... ça lui revient ! C’est une australienne (quelle descente mazette...) qu’il avait rencontré dans un bar qui l’avait achetée ... au petit matin d’une nuit d’alcool ... et de sexe aussi paraît-il... Il ne se souvient de rien... Dommage ! Comment s’appelait-elle déjà... Bâ peu importe…

L’horloge du salon sonne les 8 heures. Il faut qu’il se dépêche pour aller au boulot. La ponctualité est indispensable quand on est moniteur d’auto- école...

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